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Les possédés - Chapitre 1

10 Dec 2016

Récit fictif



Avertissement : Les personnages, leurs discours ainsi que les situations décrits tout au long de ce récit relèvent de la pure fiction. Tout rapprochement avec des situations réelles existantes ou ayant existées ne serait que fortuit et indépendant de la volonté de l'auteur.
Ce récit est destiné à un public adulte.


Les possédés
Depuis 10 minutes, Irina attendait son amie devant l’entrée du cinéma. Son smartphone indiquait deux appels non répondus. Une fois de plus Claire était en retard.

C’était un bel après-midi. La température était agréable. Le soleil descendait à l’horizon, projetant de douces lueurs orangées sur les bâtiments alentours.

En glissant ses doigts sur l’écran de son portable, la jeune femme se demanda si ces appareils avaient été inventés par des frustrés non fumeurs. Auparavant on pouvait voir les fumeurs dégainer leur cigarette au moindre moment d’attente, appuyés contre un mur. Là où les non fumeurs tournaient en rond, vainement. Mais c’était avant l’invention de ses petits appareils. Malgré une croissance de leur taille on pouvait les utiliser à tout moment. A présent, dès qu’elle s’arrêtait, elle éprouvait le besoin de consulter ses messages ou de regarder ce qu’avaient publié ses amis.

Le réseau social semblait en ébullition après la publication d’une vidéo. Des petits visages jaunes horrifiés ou hilares se succédaient dans les commentaires. La vidéo montrait une scène d’émeute avec de jeunes participants. Celui qui filmait avait capturé un passage où un jeune frappait un second déjà au sol. Il lui martelait le visage de coups. Le corps au-dessous ne réagissait plus. Pourtant son agresseur poursuivait inlassablement le déferlement d’attaques. Puis on le vit se relever, arborant un large sourire indécent. Malgré le bruit assourdissant, on parvenait à distinguer les acclamations de ses comparses qui s’étaient regroupés autour de lui.

La scène semblait surréaliste. Par le passé, des manifestations de violence étaient fréquentes. Mais le chaos qui avait suivi les révolutions populaires de 2029 avait changé les comportements. Personne ne souhaitait revivre les crises énergétiques et alimentaires qui en avaient découlées. A présent les agressions, mêmes légères, étaient sévèrement réprimées.

Une notification venait d’apparaître sur l’écran.

Claire Delave parcourait rapidement le parking en slalomant entre les véhicules. La jeune femme, sur la fin de la vingtaine, était resplendissante. Le retour des températures chaudes lui permettait de porter des vêtements dévoilant davantage son corps. Il était difficile de résister à son charme. Elle en était consciente et en usait abondamment. Trop selon ses amis. Un point de vue que partageait Irina.

Dans la foule qui s’amassait devant l’entrée, elle recherchait désespérément son amie. Un peu plus tôt, à son appartement, elle avait un instant hésité à annuler cette sortie. A ce moment là elle était accompagnée. Cependant, la visite de son partenaire de détente s’étant avérée moins palpitante que prévue, elle décida d’y couper court prétextant cette sortie.

Quand elle l’eut retrouvée, Claire se remémora ses lectures de développement personnel. S’apprivoiser, vivre en harmonie avec ses désirs, s’accepter. Assumer ses désirs dans la sphère privée était une chose, le faire en public et notamment avec Irina Valentia était une toute autre chose. Lui révéler qu’elle était en balance, sur le créneau 17 / 19 heures, avec un potentiel futur partenaire lui paraissait inapproprié.

Les années passées à séduire lui avaient au moins appris une chose, on ne pouvait résister à sa petite mine triste, la tête penchée sur le côté.

Dans la salle de projection, le public était animé. Alternant rires aux éclats et critiques acerbes. Aussitôt répliqués d’une réponse laconique et cinglante d’un autre spectateur exigeant le silence. Si le film n’avait été intéressant, Irina se serait amusée à écouter cette étrange joute verbale.

Au fil des échanges, les paroles gagnaient en menace. La surenchère était de mise pour chaque nouvelle intervention. Puis l’un d’eux se leva. Suivi d’un second. Autour d’eux, plusieurs ombres se levèrent également. La lueur du projecteur principal ne permettait pas de distinguer leurs visages.

Les réactions d’indignation fusaient de toute part dans la salle.

L’agacement avait cédé la place à la nervosité puis à un soupçon de peur chez Irina. Les événements auxquels elle assistait faisant étrangement écho à la vidéo visionnée plus tôt.

Pendant un instant elle regretta le service d’ordre auparavant présent dans les lieux publics. Depuis plusieurs mois celui-ci s’étai éclipsé des lieux publics. Le nouveau gouvernement auto proclamé avait accepté leur retrait suite à la diminution des actes de rébellion. Les représentants des instances dirigeantes et ceux se réclamant du peuple avaient salué cette mesure. Après les premiers mois, tous s’étaient enthousiasmés du retour à une situation proche de la normale.

Dans les médias, on retrouvait des tribunes critiquant l’autoritarisme instauré. Ils s’insurgeaient de la confiscation au peuple de son droit fondamental à choisir son dirigeant. Mais rapidement elles finirent par s’étioler et disparaître. Les populations s’étant accommodées à perdre certains de leurs droits au profit d’un retour au calme.

Sur le siège voisin, Claire gardait les yeux sur l’écran. Sa main fermement agrippée à son portable. En sus de son pouvoir distrayant, l’objet semblait conférer un inconcevable sentiment de sécurité.

Les invectives se poursuivaient dans la salle obscure. Les individus qui s’étaient levés vociféraient avec vigueur contre les demandes venant de toute part. Certainement ils ne tarderaient pas à sortir face à la pression des spectateurs. Cela lui semblait une évidence. Elle s’y cramponnait avec ténacité.

Ses pensées furent interrompues par un hurlement qui surpassa les divers cris. Il venait de la partie basse de la salle. Proche de l’écran. Une ombre se tenait debout face à un siège. Malgré le faible éclairage on pouvait voir un reflet apparaître dans l’extension qu’il portait à la main. Les sièges avoisinants s’étaient vidés instantanément. Les ombres des spectateurs se dispersaient dans toutes les directions à partir de ce lieu. Gagné par cet étrange remous, les autres spectateurs prirent également la fuite. Les sorties de secours étaient assaillies par des cohortes irraisonnés.

A l’intérieur de la salle devenue exigüe et oppressante, la réalité s’effondrait. Les tourtereaux qui se bécotaient l’instant d’avant s’étaient évanouies dans l’obscurité. Les amis qu’elle avait aperçus rigoler avant le début du film se déchiraient pour leur survie individuelle.

Claire la sortit de sa tétanie en lui saisissant le poignet. Elle lui indiqua une sortie qui paraissait moins encombrée. Les deux femmes s’élancèrent dans sa direction. Contournant les autres spectateurs par moment, se frayant un passage à un autre.

La nuée opaque commençait à jaillir hors de la salle. A mesure qu’elle se déversait dans le hall principal, le mouvement de panique se répercutait à l’extérieur.

Dehors, la foule s’éparpillait sans le moindre discernement.

Alors qu’elles atteignaient le hall principal, Irina sentit qu’on forçait le passage dans son dos en la bousculant. En se retournant, elle vit un homme au visage déformé par la terreur fuyant un assaillant. L’espace d’un instant elle crut reconnaître la personne de la vidéo. Ils avaient en commun ce rictus mêlant rage et rire. Elle n’aurait pu dire s’il s’agissait de son vrai visage ou d’un masque. Lorsqu’il fut à son niveau, elle eut juste le temps de s’écarter de son passage pour ne pas être heurté.

Autour d’elle, tous semblaient figés par la scène. Pétrifiés par ce qui se déroulait sous leurs yeux.

L’homme s’élançait de toutes ses forces en direction des larges portes principales. Avant qu’il ne les atteignit, son assaillant le projeta au sol. Puis il se jeta sur lui sans la moindre réserve et lui asséna un puissant coup de tête. Le crâne au-dessous heurta avec fracas le sol. Arc-bouté sur sa victime, son agresseur leva les bras et s’esclaffa.

L’image de cet homme agonisant terrifia Irina. En essayant de détacher son regard, elle aperçu de part et d’autre des situations similaires. La mise en abyme de ce cauchemar et de ces visages bestiaux lui retourna le ventre. Elle ne pouvait en supporter plus. Sentant son estomac se contracter, elle força une déglutition pour éviter de vomir. Ses jambes ne la portaient plus. Ses forces l’abandonnaient.

Un voile clair se superposait désormais sur sa vision. Elle se sentait partir.

Soudain, Claire accentua la pression qu’elle exerçait sur sa main. La douleur et la décharge d’adrénaline qui suivit lui fit l’effet d’un électrochoc. La jeune femme l’attira vers elle. Claire était remarquable de sang-froid malgré la situation. Elle avait repéré un escalier dérobé. Certainement fut-il quotidiennement dédié aux services commerciaux et techniques.

Elles se précipitèrent dans sa direction. Grimpant les marches deux à deux. Arrivées à la dernière marche, elles aperçurent plusieurs bureaux rudimentaires séparés par de fines cloisons.

Claire se dirigea vers l’un d’eux puis referma la porte derrière leur passage. Elles se laissèrent glisser au pied de celle-ci en silence. Les sens aux aguets. Alertées par le moindre cliquetis. Elles restèrent prostrées ainsi de longues minutes. Prêtes à reprendre la fuite à l’approche de la moindre menace.

Les cris se furent plus distants. Les rires s’estompèrent. Des sirènes de police s’élevaient au loin…

A plusieurs milliers de kilomètres, Martin Pritz somnolait devant son écran. La pièce baignée par une lumière blanche et froide. Un signal sonore retentit des enceintes de son ordinateur. L’algorithme qu’il avait codé venait de référencer une diffusion rapidement devenue virale et retenant de nombreux commentaires.

Le script informatique avait également recueilli un nom : les possédés.

Vues : 709 - Commentaires : 7

Commentaires :

Lien vers ce commentaire Hey Lyah ! Erf... je ne vois pas comment te vanner là-dessus :penseur:

Ouais, mais tu as le temps :hehe:

A moins que... ce ne soit pas que le ciné... :penseur:

:snif:

Tu as peur ? Tu as peur ? Oui, tu as peur là, non ? Mais oui, tu ne le sais pas encore, c'est tout mais tu as peur !!!

Peur.... peurrrrrrr..... peurrrrrrrrrrrrrrr

Brrrrrrrrrr

Bon t'as peur maintenant ?

...

Et maintenant ?

28 Dec 2016 à 04 h 26

Papyrus
Lien vers ce commentaire Hey Papy Russe ! :clown:
Je me sentais obligée de te vanner pour casser un peu ce sentiment que j'ai eu en te lisant.... je ne saurais te dire lequel c'était...
En 2029, je n'irai plus au cinoche... voilà ! :langue:

26 Dec 2016 à 09 h 53

Lyah
Lien vers ce commentaire > Les_Clochardes, merci pour cet avis. J'en tiendrais compte :hehe:

Pour ce début je souhaitais planter le décor d'où le nombre de détails.

J'espère que le deuxième épisode saura améliorer ce premier jet :hihi:

A bientôt :hehe:

12 Dec 2016 à 01 h 55

Papyrus
Lien vers ce commentaire Superbe *-* continue comme ça mais avec un petit peu plus d'action, tu es souvent sur le mode "pause" d'u récit, des fois il y a trop de détails qui lassé, mais c'est un bon travail ;)

11 Dec 2016 à 20 h 10

Lien vers ce commentaire Oui, nous n'avons pas eu l'occasion de nous présenter :hehe:

Merci pour ce très élogieux commentaire. Il est très encourageant. J'essaierais de ne pas laisser Irina et Claire dans ce petit bureau trop longtemps. Cela d'autant plus qu'elle n'est pas chaudement vêtu Claire. Elle pourrait nous choper un rhume ou une rhinopharyngite :snif: Comment se montrer discret avec une crise d'éternuements ? Comment appeler à l'aide lorsque l'on a la voix cassée ou pire... étant aphone ?!! Tant de questions en suspens...

A cela s'ajoute le sort de notre silhouette indistincte victime de son destin ou de son libre-arbitre !!!

Tant d'interrogations me laissent perplexe !!! Ce site porte-t-il bien son nom ou devrait-il être renommé "interrogations multiples et digressives" ?

Je n'en puis plus :sniff:

Je vois des questions partout ! Des énigmes ! Et le seul smiley interrogatif est divergent !!! :o:

:penseur: Ce smiley gardera-t-il la pose jusqu'au prochain commentaire ? Vote 1 si tu penses que se sera le cas, vote 2 dans le cas contraire

11 Dec 2016 à 19 h 14

Papyrus
Lien vers ce commentaire Wooooohhh .............. euh franchement , tu m'as :gun: , qu'est ce que tu attends de plus la!!!
je suis resté accroché du début à la fin de ton récit. grave !!! penses à écrire un roman, un thriller ... je sais pas , fais quelques choses... ne laisse pas ce potentiel en perdition, tu vas vraiment le gâcher... Cela me consterne de voir sa moi!!!
j'ai cru vivre la scène comme dans un film ... tu y étais ou quoi aux attentats dernièrement?????
Sérieux :o: , refléchis à ce que je viens de dire et penses à envoyer un script à une maison d'édition !!!!
et ca m'agace car je suis quasi sûr que je ne suis pas prêt d'avoir la suite :sniff:
Bon Papyrus ( j'ai compris que tu te nomme comme sa par les réponses de tes précédents commentaires :langue:) , la je te souhaite de longues, très très longues nuits d'insomnies!!!!
j'ai hâte de te relire prochainement !!!!
:yeah:

11 Dec 2016 à 17 h 45

Emcle

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Autres (à la demande d'Emcle ;)) :

:3694: :9384: :74591: :bhouhou: :bienjoue: :boulay: :dejarefuse: :deterrage: :fouet_2: :jeplaidenoncoupable: :mdr: :naaan: :neutre_final: :saber: :syn: :tusors: :yeepee: :youpi: :yurk: :zibou:

Une illustration à tes propos ? Tu sais... Confucius disait : "Une image vaut mille mots."
Attention ! 1Mo max et format jpg, jpeg et png exclusivement ! Nous ne sommes pas faciles ! :hihi:

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