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La colonie et ses greniers, le corps et ses réserves

07 Apr 2018
Il était une fois, le navire Humani Corporis (Corps Humain) s’échoua sur des rivages inconnus.

Les naufragés (les cellules du corps) voulurent reconstruire une ébauche de leur cité perdue. Ils partirent à la découverte des richesses (le milieu extracellulaire, ce qui se trouve en dehors des cellules) que leur conféraient ses terres pour assurer leur survie (l’instinct de survie).

Très vite, ils se rendirent compte qu’en s’éloignant des restes de l’épave et de ses ressources, ils s’épuisaient et mouraient.

Une ressource leur était vitale : l’ATP ! Sans elle, les naufragés cessaient toute activité. Les quantités d’ATP retrouvées étaient malheureusement limitées…

Les yeux tournés vers le large, guettant les rares apparitions de débris transportés par les vagues, les naufragés appréhendaient cet avenir incertain. Ils se résolurent à rechercher des solutions pour parvenir à produire la providentielle ATP.

Les naufragés s’installèrent et devinrent des colons. Certains se spécialisèrent et menèrent des expérimentations. Ils découvrirent qu’avec une caisse de Glucose (du sucre), chaque colon pouvait produire 38 caisses d’ATP. Une autre solution s’offrait à eux en l’absence de cette denrée, les Corps Cétoniques. Mais le rendement était inférieur : une caisse de Corps Cétonique ne fournissait que 24 caisses d’ATP !

Les colons ne furent pas dupes ! La fabrication d’ATP à partir de Glucose fut largement plébiscité ! Il en est de même dans le corps humain d’où cette appétence innée pour les saveurs sucrées.

Depuis cette découverte, il ne se passait pas un jour sans que des convois de Glucose émis par les fermes ne soit transportés vers les habitations pour en faire de l’ATP ou mis en réserve au sein de deux places fortes : le Foie et les Muscles.

Pour gérer ce trafic de matière première, un service de régulation siégeant au Pancréas fut constitué. Ils disposaient de deux agents : l’Insuline et le Glucagon.

Lors des périodes de forte production (afflux de sucre), où beaucoup de Glucose circulait dans les rues de la colonie, le Pancréas sollicitait l’Insuline pour ouvrir les portes des habitations et les ravitailler ou pour le stocker dans le Foie et les Muscles. Au contraire, lorsqu’il venait à en manquer, leur collègue Glucagon intervenait pour libérer le Glucose du Foie et des Muscles et les redistribuer aux colons.

La nouvelle organisation avec ses deux agents complémentaires semblait rôdée.

La jeune colonie croissait et s’étendait sur l’île sereinement. Mais des craintes émergèrent des consciences de ces anciens naufragés. Que se passerait-il en cas de mauvaise récolte ? Les réserves du Foie et des Muscles suffiraient-elles à tous les approvisionner ?

L’aventure insulaire virait à la paranoïa. Les colons se réunirent dans la plus grande des maisons et décidèrent la constitution d’une réserve protégée au cœur de greniers pour les mauvais jours…

Les agriculteurs et les éleveurs prirent actes de cette décision et ne se limitèrent plus.

Cet excédent de Glucose n’était destiné ni aux maisons des colons (les cellules du corps), ni aux réserves du Foie et des Muscles. Il devait être soigneusement rangé dans des greniers : les Adipocytes.

Le rangement sur les étagères des greniers différait de ceux des maisons (les cellules) ou du Foie et des Muscles. Cette fois-ci, le Glucose était transformé en corps gras pour une meilleure conservation au cours du temps.

Au cours de la période de prospérité, les producteurs étaient enthousiasmés par tous les égards qu’on leur portait. Les agents insuliniques étaient élevés au rang de chevaliers pour leur travail méticuleux de rangement et de conservation. Les greniers Adipocytes étaient vénérés pour la sécurité qu’ils offraient. Le Glucagon pour sa part avait été mis au placard…

« Faisons croître et multiplier nos greniers ! » scandaient les colons craintifs d’une imminente vague de froid.

Cette litanie dirigea la suite des directives au cours de nombreuses années. L’appréhension de l’avenir, d’une sévère disette ou d’une catastrophe climatique sans précédent guidait les dirigeants.

Puis vint le jour de la crise ! C’était le 4, ou peut-être le 6… Peu importe, en fin d’après-midi, alors que la circulation était particulièrement dense en Glucose accompagné de son Insuline, des agents d’un Grenier refusèrent d’ouvrir leur porte.

« Agent Insuline ! Cargaison de Glucose ! Nos étagères sont remplies de corps gras. Nous ne disposons plus de place où ranger ces nouvelles denrées. »

L’Insuline se pressa d’avertir sa direction au Pancréas de l’état de rébellion qui régnait dans ce grenier. Les dirigeants prirent la décision d’augmenter l’effectif de l’Insuline pour submerger le Grenier. Il devait obtempérer et stocker les nouveaux chargements de Glucose. Tel était son rôle !

« Cessez sur le champ ce sursaut de pusillanimité ! Ouvrez vos portes et rangez ces caisses de Glucose ! Sans ces réserves vitales, l’ombre de la famine pourrait planer sur nos terres ! » hurlèrent en cœur les agents insuliniques.

Malgré la pression qu’ils exercèrent pendant plusieurs heures consécutives, le Grenier résista.
La nouvelle se répandit dans toute la colonie : un Grenier résistait à l’Insuline. D’autres Greniers rejoignirent le mouvement. L’équilibre de la colonie était menacé !

L’avenir radieux et prometteur aux Greniers débordants de victuailles se trouvait compromis par la rébellion de quelques Adipocytes !

Le Pancréas était dans un rare état d’excitation, dégorgeant perpétuellement de l’Insuline. Les Adipocytes résistaient. La situation semblait figée.

« Si les Greniers refusent l’entrée du Glucose, c’est tout simplement par manque de place… Nous avons étendu nos Greniers sur tout l’espace disponible de cette île. Nous avons multiplié les innovations pour y ranger le plus de Glucose possible sous la forme de corps gras. Peut-être que notre salut réside tout simplement dans sa libération… » murmura timidement le Glucagon…

Dès lors que le Glucagon intervint auprès du Foie, des Muscles et des Greniers, la situation de tension qui régnait sur la colonie s’apaisa. Les Greniers allégés de quelques cargaisons, acceptèrent à nouveau d’ouvrir leurs portes. Les colons étaient rassérénés. Le Pancréas soufflait.

La vie insulaire se poursuivit de longues années durant…

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Une illustration à tes propos ? Tu sais... Confucius disait : "Une image vaut mille mots."
Attention ! 1Mo max et format jpg, jpeg et png exclusivement ! Nous ne sommes pas faciles ! :hihi:

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